La saison du renouveau

La saison du renouveau
Djahina Keller s’épanouit au sein du BMBC.

À tout juste 12 ans, la jeune Djahina Keller porte les espoirs de son club, le BMBC. Depuis deux ans, elle tutoie le haut niveau, avec deux sélections en équipe de Guadeloupe en U11, puis en U13, et une participation à l’Euro des Jeunes en 2018 à Calais. Une carrière naissante et prometteuse qui grandit à l’ombre de la protection parentale.

Alors qu’on lui prête les meilleurs espoirs et un départ prochain dans les centres de formation hexagonaux, on oublierait presque que tout a commencé seulement six ans auparavant. À 6 ans, elle entre pour la première fois sur un terrain. « Au début, le basket, ce n’était pas cher, pas très loin de la maison et une bonne manière de connaître un sport », se rappelle
Barbara Keller, sa mère. Le Grippon All Stars, à Morne-à-l’Eau, devient son premier club. À défaut de section féminine, elle joue avec les garçons. Avec eux, elle gagne en force, en explosivité, en passion. L’aventure à Morne-à-l’Eau sera courte, mais la graine est plantée et a germé. Elle part pour Sainte-Anne, dans le club de son frère. Le JISC se développe et elle se fait vite repérer par des recruteurs. On lui propose d’abord d’intégrer la sélection Guadeloupe, puis de partir en pôle, en France. « J’étais très contente qu’on pense à moi pour ce grand projet. J’ai tout de suite dit oui. » En revanche, sa mère met le holà. « 10 ans, c’était bien trop jeune. Je suis la première à la soutenir, mais je suis avant tout une mère ». Le périmètre est dessiné. Pour l’heure, Djahina devra continuer à évoluer en Guadeloupe. Ainsi, Djahina écrit son histoire rencontre après rencontre, sélection après sélection. Sur le terrain, sa timidité s’efface, son regard s’éclaire. Au coup de sifflet final, elle redevient une enfant, comme toutes ses co-équipières. Sa timidité refait surface, l’enfant réapparaît.

Le club de la confiance

Pour évoluer convenablement, la jeune joueuse a besoin de confiance. Ce qu’elle apprend à retrouver au sein du BMBC. Après une saison 2017-2018 compliquée, Djahina, entraînée par Miguel Gélas, retrouve ses sensations. Les entraînements sont quotidiens, avec les U13, mais aussi, parfois, avec les séniors. « C’est très compliqué, mais le basket c’est vraiment ma passion, alors je m’arrange. » Son emploi du temps est chargé. « Je fais mes devoirs à 5h du matin, ensuite je vais à l’école. Le soir, je rentre pour me changer et ensuite je file à Baie-Mahault pour me changer et partir pour les entraînements. »
Derrière, c’est tout une famille qui suit. D’autant que ses deux frères font aussi du basket. Pour son encadrement, c’est un équilibre difficile que de la challenger suffisamment pour maintenir sa progression sans pour autant lui poser une pression qu’elle ne pourrait pas gérer. « Je suis très attentive à la façon dont on la traite. Je regarde tout et nous discutons beaucoup. Avec le BMBC, nous avons trouvé la bonne équation, je crois. » Avec le retour des sensations, Djahina se projette de nouveau. Partir chez les champions. En France. « J’ai envie de me former au plus haut niveau. » Le challenge commence dans un an. À la rentrée 2019, Djahina fera son entrée à la cité scolaire d’excellence sportive au CREPS. Un nouveau pas pour une carrière naissante et dédiée aux parquets des championnats du monde.

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