Petite salle, grands champions

Petite salle, grands champions
Le Desperados Figthing Club continue de fournir des combattants prometteurs.

Il faut traverser le centre culturel de Sainte-Anne et aller dans la pièce du fond pour trouver le petit dojo de Baptiste Francesca. Là, plus d’une dizaine de licenciés enchaîne les coups et les combats sous l’œil du maître et de son équipe d’encadrement. La boxe thaï y est pour tous une affaire sérieuse, même si les moyens de sa pratique sont réduits.

L’histoire du Desperados Fighting Club pourrait faire l’objet d’un très bon scénario. Au début, il y avait un maître, seul, en entraînement, sur sa terrasse. Et puis, dans la maison d’à côté, un jeune aspirant, Baptiste Francesca, élevé aux films de Van Damme mais surtout curieux, très curieux de la danse exécutée par ce mystérieux voisin. On est à la section Ffrench, à la fin des années 90. « Je le voyais courir tout le temps et boxer son sac. Un jour, j’ai pris mon courage à deux mains et je lui ai demandé de m’enseigner ce qu’il savait. Cela a fait de moi le premier disciple du Desparados Fighting Club », se souvient Baptiste Francesca. Le jeune homme est motivé et progresse vite. En 1999, le club est officiellement fondé, et au début des années 2000, Baptiste entame une carrière en compétition. Il mène aussi de front sa formation d’instructeur. Avec sa ceinture de champion de la Caraïbe aux reins, il travaille en parallèle à la reprise du club. « Je grimpe vite les échelons dans ma carrière professionnelle pendant que j’obtiens mes diplômes d’instructeur ; à l’époque Stéphane s’occupe du pôle loisir du club et me laisse gérer l’entraînement des élèves destinés à la compétition. » Cette dynamique permet au club de croître, tout en acquérant de la renommée du côté des combattants. Elle fait aussi de lui l’un des clubs les plus titrés de la Guadeloupe. « La salle est petite, mais ici sont nés de grands champions, des champions de Guadeloupe et des combattants valeureux. » À ce jour, Baptiste reste à la tête du club, épaulé par cinq moniteurs, pratiquement tous issus de la salle.

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Baptiste Francesca veille rigoureusement sur les entraînements de ses recrues.
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Un dojo pour tous

Si la renommée du club grandit, elle ne pousse pas pour autant. Les disciples prometteurs affluent dans un dojo qui ne leur offre plus une pratique optimale. « Une année, nous sommes allés jusqu’à 100 licenciés dans le club, mais avec des moyens contraints. La grande salle du centre n’est pas équipée pour le sport, et la petite n’offre d’espace que pour une vingtaine de licenciés. Au-delà, cela devient dangereux.
Il fait chaud et puis les coups peuvent atteindre la mauvaise personne », énumère Baptiste. L’espoir du club est d’arriver à fédérer les autres disciplines de combat pour porter le projet d’un dojo commun. « Nous avons tous les mêmes problèmes ; il y a le Yosekan Budo, le Judo et un club de boxe ; nous avons tous besoin d’espace et nous pourrions tous cohabiter au sein d’un grand dojo multi-boxe », espère Baptiste. Pour l’heure, ce n’est qu’un projet. Rien n’est décidé. Mais la structure permettrait à toutes les disciplines de s’épanouir. En attendant, la légende se construit et le petit dojo saintannais continue de faire grandir les futurs grands noms des arts martiaux guadeloupéens.

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