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Frédéric THÉOBALD - TIM's Magazine

Frédéric THÉOBALD

Frédéric THÉOBALD
Après un bilan dressé de la dernière saison cycliste, le président du Comité régional cycliste des îles de Guadeloupe présente les temps forts de la saison 2023 qui commence. Frédéric Théobald parle aussi des perspectives prochaines de performance des cyclistes locaux.
TIM’s Magazine : Avant d’évoquer la saison cycliste 2023, quel bilan tirez-vous de la saison 2022 ?

Frédéric Théobald : Pour moi et les membres du comité, c’est un bilan très satisfaisant pour la saison qui vient de s’achever. La pandémie nous a porté préjudice en 2021, mais nous avons quand même organisé le Tour. On a poursuivi en 2022 avec un départ à la Désirade pour mieux coller avec la nouvelle dénomination « Comité régional des îles de Guadeloupe ». Beaucoup de travaux ont été réalisés et nous remercions toutes les collectivités qui ont permis à cette manifestation d’avoir lieu, dont M. Loïc Tonton, maire de la Désirade. Nous avons fait un contre-la-montre similaire au Grand prix du Conseil départemental qui nous avait servi de repère. Nous avons innové en donnant une chance aux Désiradiens, aux Guadeloupéens en général de découvrir leurs îles, avec entre autres, des arrivées au sommet sur certaines étapes, en s’inspirant des plus grands tours, comme celui d’Espagne ou de France. Les coureurs ont pris du plaisir. Le Tour permet aussi aux locaux de découvrir la Guadeloupe. Ce n’était pas simple à la Désirade, c’était une très grosse logistique, mais nous avions cette volonté politique d’aller à la Désirade.
T. M. : Le comité a innové en faisant démarrer le Tour à la Désirade, peut-on s’attendre à une autre prouesse ?

F. T. :On va essayer de garder des innovations car le Tour mérite encore d’être amélioré. On a toujours cette envie de faire découvrir de belles zones en Guadeloupe en restant sensibles à l’environnement. On ne veut pas dénaturer le Tour, mais on veut que les personnes âgées puissent voir passer le Tour devant leurs maisons. Le Tour, ce ne sont pas que les routes nationales mais c’est aussi l’intérieur des terres.
T. M. : Qu’espérez-vous pour cette saison 2023 ?

F. T. :On espère que les coureurs (hommes et femmes) prennent du plaisir. On aimerait que la pandémie nous tourne le dos une bonne fois pour toutes. Que le cyclisme puisse prendre toute sa place dans toutes les disciplines, VTT, BMX, piste et la route qui est le fer de lance. On espère que les automobilistes et les cyclistes à l’entraînement puissent pleinement partager la route, qu’on réduise les accidents. La sécurité routière doit avoir une grande place dans notre organisation. Et la santé car il en faut pour réaliser tous ces projets.
« On doit continuer le travail commencé »
T. M. : Mis à part le Tour qui aura lieu en août, quels seront les grands axes de la saison ?

F. T. :Le calendrier 2023 est en train d’être peaufiné mais nous entamons la saison avec du VTT en janvier, puis la route va reprendre lors du week-end du 4-5 février. Nous aurons ensuite les 6 jours du Crédit Agricole qui seront de nouveau au calendrier après trois ans d’absence. Ce sera à la mi-avril (14-16 et 21-23 avril). Il y aura aussi le Grand prix du Conseil départemental en mai (5-7 et 12-14 mai), les championnats contre-la-montre les 1er et 2 avril, le championnat sur route, lors du week-end de l’ascension. Il y aura les championnats ultramarins en Nouvelle-Calédonie (3-4 juin), le Tour cadets (5-9 juillet), le Tour féminin à la fin juillet. Le Tour international aura lieu du 4 au 13 août. Puis les championnats de la Caraïbe en octobre (en Guadeloupe), le Gwada Avenir Tour du 25 au 29 octobre. Sans compter le Tour de Martinique, le Tour de Marie-Galante du 18 au 23 juillet, le Tour de Guyane. Sachant que chaque club organisera au moins une course pour que les coureurs restent compétitifs.
T. M. : Le cyclisme guadeloupéen obtient généralement de bons résultats dans la caraïbe et il a longtemps été porté par les performances de Baugé sur piste. Que nous manque-t-il pour voir un jour un Guadeloupéen briller sur le Tour de France ?

F. T. :Tout est possible, c’est une question de niveau. Il y a beaucoup de coureurs professionnels sans contrat. On voit que l’équipe de Jérôme Pineau (B&B) a mis la clé sous la porte. Je pense que si les jeunes veulent réussir au haut niveau, il y a plusieurs passerelles dont le pôle ultramarin à Hyères qui existe depuis six ans où est notamment le jeune Sylvanise. Certains ne veulent pas quitter la Guadeloupe par rapport aux parents, mais si on veut toucher le haut niveau, il faut partir. Il y a aussi la double appartenance. Les jeunes font leurs études ou leur stage de perfectionnement dans l’Hexagone tout en étant licenciés en Guadeloupe. Ils intègrent des structures plus poussées que les nôtres et s’ils sont repérés, ils peuvent passer pros. Mais il ne faut pas rêver, le haut niveau n’est pas chez nous. On fait un boulot, comme avec le CREPS pour d’autres disciplines, mais les jeunes doivent ensuite partir en centres de formation.
T. M. : Le cyclisme est un sport olympique, la Guadeloupe une terre de champions. Peut-on espérer voir l’un ou l’une des nôtres aux JO de Paris ou de Los Angeles ?

F. T. :Au niveau de la piste, nous avons deux jeunes qui viennent d’intégrer l’équipe de France juniors piste. Marie Louisa Drouode et Mathias Sylvanise qui partent en janvier faire un stage avec l’équipe de France aux Pays-Bas. On aura forcément des médailles avec eux, mais il y a aussi le BMX pour lequel nous sommes en train de prospecter des terrains pour avoir une nouvelle piste car celle que nous avons au vélodrome n’est pas adaptée pour permettre à nos jeunes d’évoluer à un niveau national. Nous avons des contacts, mais le BMX et la piste nous permettront d’avoir des jeunes de talents très vite. D’ici Los Angeles, je pense qu’on aura des BMXeurs et des pistards. Pour Paris c’est trop proche.
T. M. : Depuis votre arrivée à la tête du comité, beaucoup de choses ont changé. Le comité s’est amélioré en termes de communication, il a développé le BMX et mis l’accent sur les jeunes et les féminines. C’était une volonté de votre part ?

F. T. :Il y a surtout le Covid que j’ai dû gérer avec mon équipe. C’était très compliqué avec des autorisations spécifiques, une bulle sanitaire. Mais mon rôle en tant que président est de faire appliquer la règlementation. Il y a quelques tolérances, dans la mesure ou les règles fédérales permettent une petite marge, mais on ne peut pas aller à l’encontre de ce qui existe déjà. C’est vrai qu’en termes de communication, MariePierre Viallet fait un travail remarquable. Nous avons des jeunes en contrat civique qui nous aident. On veut être encore plus performants. Cela fait deux ans que les choses sont difficiles, mais on fait les choses petit à petit. Il nous faudra plus que deux ans pour voir le travail accompli, et il nous faudra bien six ou huit ans pour réaliser ce que nous voulons. Nous avons pas mal de félicitations, mais on doit continuer le travail que nous avons commencé.
T. M. : Revenons au Tour. Boris Carène qui est rentré tardivement dans la saison termine tout de même meilleur coureur local de la dernière édition. Est-ce que la relève tarde à venir ou est-elle selon vous déjà en place ?

F. T. : Boris Carène a déjà remporté trois tours donc il sait comment se préparer. Il a repris tard donc il avait de la fraîcheur. C’est clair que c’est un coureur qui a déjà des références donc qu’il finisse neuvième et meilleur Guadeloupéen, ce n’est pas étonnant. Après, si je peux lui donner un conseil, c’est que s’il a des ambitions, il ne peut pas être président, organisateur de sa course et courir. L’attente du public par rapport à lui est trop élevée. Il faut qu’il réfléchisse à sa saison future et qu’il s’allège de certaines choses pour être dans les meilleures conditions sportives. Il y a des jeunes qui ont beaucoup de potentiel mais je ne sais pas si on peut parler de relève. Il y a beaucoup de mutations cette année. Les jeunes changent de club chaque année en pensant que c’est le club qui n’est pas bon. On ne peut pas construire si les conditions ne sont pas stables. Ce sont les clubs qui doivent mettre en place des stratégies pour faire évoluer le niveau de leurs jeunes. Le comité ne peut pas faire plus. On a mis en place des formations d’encadrement technique.
T. M. : D’autres pentes mythiques de Guadeloupe seront au programme du Tour ? Une arrivée au sommet des Mamelles, par exemple, est-elle possible ?

F. T. : Bien sûr, on va essayer d’innover. Il y a de belles ascensions en Guadeloupe. Et si le Tour peut permettre aux Guadeloupéens de découvrir certains endroits de leur île, on le fera. Les Mamelles ? C’est possible, mais il y a la problématique de l’environnement puisque c’est une zone protégée. On se fait tirer les oreilles car il y a des jets de bouteilles en plastique. C’est très compliqué d’en faire une arrivée. On nous tolère déjà le passage. Une arrivée au sommet des Mamelles n’est pas exclue, mais ce n’est pas notre priorité pour l’an prochain. Les membres du comité cycliste et moi-même profitons pour souhaiter une belle année 2023 à l’ensemble du monde du sport. Plein de santé et que du bonheur !
————————— Entretien William Joas
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